Pleutre /pløtʁ/ (n.m.)

1. Homme vil et lâche.
2. Homme sans caractère, sans courage, sans dignité.

Je me sens pleutre, parfois. Parfois, aussi, on me le dit. Parce que je critique, je dénonce, mais je n’agis pas.

La plupart du temps, je me contente même d’être un consommateur d’informations, c’est à dire que je lis des textes, j’écoute des émissions, je regarde des vidéos produites par d’autres. En s’arrêtant là, on peut être sûr que rien ne changera.
Certains écoutent NRJ, regardent D8 à la télé, lisent parfois Closer. D’autres écoutent France Info, regardent TF1, lisent quotidiennement le 20minutes. Si moi j’écoute Radio Libertaire, si je regarde des documentaires que je fais moi même le choix de visionner en les téléchargeant (n’ayant pas la télé), si je lis Courant Alternatif et CQFD, c’est bien joli, mais être un consommateur de la contestation n’est pas suffisant.

Résultat, je m’indigne. J’avale des pilules rouges (métaphore faisant référence à Matrix : en s’informant, on a parfois un « déclic » qui nous aide à percevoir des choses qui nous entourent et qu’on ne percevait pas avant. Par exemple, l’influence des structures que sont le patriarcat, le capitalisme, le racisme comme système, etc. Une fois le déclic survenu, on ne peut plus revenir en arrière et ne plus voir ces influences. On a donc tendance à les voir partout, car de fait elles sont partout).

Je m’indigne, mais ce n’est pas suffisant. En même temps, c’est un début, non ? Il faut bien commencer quelque part.

À moins d’être clairement profiteur de ce système inique, nous sommes tous en contradiction avec nos idéaux. Est-ce que je pourrais en faire une liste ? Pfiou, peine perdue ! Mais je suis contre le salariat et pourtant salarié, contre les grands propriétaires et pourtant je loue un appartement que je possède presque à quelqu’un d’autre, contre le système de crédit et j’en ai un sur le dos, etc.

[…]

Il y a plusieurs étapes dans la lutte pour nos idéaux. Le constat/prise de conscience, tout d’abord, qui permet d’ouvrir les yeux sur nos propres actions, notre place au milieu de ce système globalisé d’oppression, où on arrête de répéter les arguments maintes fois entendus (« il y a plus urgent », « de toute façon il y en a qui le veulent bien », « c’est comme ça que ça marche », « l’ordre naturel », etc.). L’abattement, qui est décrit dans ce billet il me semble, où on se sent moins que rien pour faire autant de mal. La colère, où on en veut au système (dans lequel on est né) de nous avoir aveuglé et caché volontairement la portée de nos actions, de nous avoir poussé à la dépolitisation. Puis la lutte, enfin.

Kevin (réponse à cet article de Mitsu)

Voilà qui est rassurant. Cependant, je ne sais pas comment passer au delà du stade de la consommation, de la prise de conscience, de l’indignation. Ce stade est trop confortable, il ne requiert pas encore d’efforts réels.

C’est pour ça que j’ouvre ce blog : la production, la mise en forme de mes pensées, la discussion, c’est déjà aller un petit cran au delà de la pure consommation.


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